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Les Justes de Camus par Thierry Falvisaner

Le vendredi 26 janvier 2018 à 20h au Théâtre Gérard Philipe à Orléans

Cette année, la classe de 1ES2 bénéficie du dispositif Lycéens et créations contemporaines qui permet aux élèves d'assister à trois différentes représentations théâtrales.

La seconde pièce de ce dispositif s’intitule « Les justes » d’Albert Camus mise en scène par Thierry Falvisaner avec qui la classe mène un travail depuis la rentrée scolaire.

Dans le cadre d'un projet régional d'initiation artistique, le metteur en scène T. Falvisaner intervient tous les mois avec la classe de 1ère ES2. Il s'agit, pour les élèves, de découvrir la pratique théâtrale et de monter une petite représentation, autour du thème du monstre: Qu'est-ce qu'un monstre? Est-il toujours humain? Qu'est-ce qu'un acte monstrueux? Peut-on accomplir un acte monstrueux et rester un homme?

Après une initiation au jeu (travail sur le regard, la voix, prise de conscience de son corps...), les élèves ont choisi des textes et vont s'employer à les mettre en scène.
Au mois de mai, ils feront leurs premiers pas sur les planches du Théâtre du Donjon, où ils finaliseront leurs scènes avec l'aide d'un technicien, afin de se familiariser aux lumières et aux sons sur le plateau de théâtre... avant de présenter leur travail à leurs familles et amis.

Synopsis : En février 1905 à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le Grand Duc Serge, oncle du Tsar. Cet attentat et les circonstances particulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Tuer et mourir pour une idée ! Quelles justifications à un acte de terreur ? Cet acte de terreur, Les Justes vont le commettre, les plongeant dans une contradiction tragique. Théâtre du Charbon

À propos de la création des Justes par Thierry Falvisaner, metteur en scène

Pas moins qu’hier, nos destinées contemporaines sont entre les mains de quelques décideurs politiques et économiques et notre capacité individuelle et collective à résister et lutter est chaque jour interrogée. Et plus encore que notre capacité, se pose la question du comment résister et jusqu’où.

Dans Les Justes, la réponse ne nous est pas donnée, elle nous incombe. Les personnages que Camus nous propose et qui répondent à leurs contradictions jusqu’à l’extrême, nous dévoilent le spectre large de la nature humaine, déchirée par ses pulsions contradictoires. Mort et vie s’enchevêtrent ici sans pouvoir jamais se séparer, et même la pulsion amoureuse qui lie les deux figures de la pièce Dora et Kaliayev ne produira pas le miracle espéré. Il s’agit bien d’une tragédie où la révolte est plus forte que la raison ou l’ordre établi.

Renoncement, abandon, acceptation, cynisme nous guettent tous et chacun.

Tout semble nous échapper, l’indignation a remplacé la colère juste, légitime et agissante.

Pour Camus il est nécessaire « d’évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu’elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre et pour dire ainsi où est notre fidélité ».

Alors nous aussi nous tacherons à notre mesure d’être fidèle aux questionnements, et à l’engagement de Camus en proposant une version électrique, tendue, incarnée des Justes et donner à cette représentation sa fonction éminemment politique de l’acte théâtral.